ARI

ARI Insertion – Une fine adaptation aux contextes

L’expertise emploi et handicap psychique

Il y a presque 30 ans, le service ARI Insertion a été créé pour soutenir l’insertion ou la réinsertion professionnelle des personnes qui souffrent de troubles psychiques : l’objectif était de les aider à se projeter dans un environnement social, professionnel et de s’y maintenir.

A l’époque, des pratiques de soutien se développaient dans le secteur médico-social, mais elles reposaient davantage sur le soin, sur la formation ou encore sur l’idée d’un parcours en établissements spécialisés en milieu protégé.

L’évolution de ce service a bénéficié des lois, notamment celle de 2005 qui est fondamentale pour la reconnaissance du handicap psychique. Toutefois, en dépit de ce contexte législatif, force est de constater que le taux d’intégration en emploi est encore trop faible.

Il questionne la portée des préjugés encore à l’œuvre dans l’inconscient collectif, mais interroge également les pratiques que nous développons pour accompagner ce type de public vers l’emploi.

ARI Insertion, la fine adaptation aux contextes

Dédié pour venir en appui à l’accompagnement de personnes présentant des troubles psychiatriques plus ou moins sévères, ce service répondait au départ à une attente d’expertise de la part des organismes de placement en emploi et de structures engagées dans des parcours d’insertion de plus en plus complexes.

L’offre du service a subi des changements depuis sa création : à l’origine, l’appui spécifique se déclinait en trois prestations (du repérage du handicap à la mise en situation de travail, en passant par l’étude et la compréhension de l’environnement, de ses freins et de ses ressources), menées tout à tour par un psychologue, puis un chargé d’insertion, dans une dynamique d’équipe. L’intérêt porté au service ARI Insertion par l’Agefiph nous a encouragés à nous installer sur le Lot-et-Garonne en 2006, puis en Dordogne en 2010. Aujourd’hui, nous déployons l’offre des prestations sur cinq départements, puisque nous intervenons sur les départements des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.

En cours, nos modalités d’intervention ont connu des évolutions nécessaires, des redimensionnements (appels d’offre 2011 et 2018) : durées marquées par des échéances, découpage des prestations, redéfinitions des collaborations…, et effort d’identification des handicaps pour mieux cerner les contours d’une offre de service. Bien que le fléchage pour accéder au service soit moins verrouillé, la sur-administration qui pèse explique une évolution des publics sur certains territoires (nature et origine des troubles), notamment pour les personnes peu autonomes.

L’emploi d’abord ! Les freins s’évaporent…

En 2015, une expérimentation, « l’Emploi d’abord », qui repose sur de nombreux principes de l’emploi accompagné, priorise un accompagnement soutenu, renforcé et durable dans le temps, vers et en emploi, mais sa spécificité est d’axer la pratique sur l’espace de travail et la relation employeur/employé.

L’intérêt de ce type d’accompagnement a ouvert la voie, en 2018, à la Plateforme girondine d’emploi accompagné qui regroupe 6 organismes. Elle est dédiée au public souffrant d’un trouble mental, psychique et aux personnes porteuses d’un trouble du spectre de l’autisme.

Cette pratique suscite un engouement depuis de nombreuses décennies dans les pays nord- américains et depuis quelques années en France. De nombreuses études attestent que le modèle selon lequel on place en entreprise, puis on forme et on soutient, amène des résultats plus concluants que la méthode traditionnelle qui qui vise à préparer à l’emploi.

Perspectives… Consolider la complémentarité des dispositifs

Si les pratiques d’intégration par la préparation en emploi font l’objet de résultats plus modestes que l’emploi accompagné, nous évoluons dans un contexte où l’accent est fortement mis sur l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap. Pour autant il n’est pas intéressant de comparer ces deux dispositifs. Tous deux au service de l’insertion professionnelle d’un public vulnérable, ils ont pour intérêt de répondre à des besoins spécifiques à un moment du parcours : certaines personnes ont besoin de faire le point sur ce qu’elles sont avant d’envisager de nouveau l’emploi, et le passage par une prestation d’appui spécifique peut avoir des objectifs divers (cerner les contours de ses limites et repérer ses forces pour savoir dans quelle direction s’orienter, avoir un appui pour envisager ou reprendre le chemin d’un emploi, bénéficier des soutiens nécessaires quand le maintien en emploi est difficile).

Comme leur nom l’indique, les Prestations d’appuis spécifiques sont là pour une intervention ponctuelle qui répond à un besoin à l’instant T. Elles ne sont pas conçues pour accompagner durablement les personnes dans le temps.

L’Emploi accompagné répond davantage à un besoin d’être soutenu au-delà d’une démarche séquentielle et à un public moins autonome.